Vourc'h Vras

Vourc'h Vras

Virgile Bleunven, ferme de Vourc'h Vras (Plabennec - 29)

Qui es-tu ?
Je suis Virgile Bleunven, éleveur de porcs bio à la ferme de Vourc’h Vras à Plabennec. Auparavant, la ferme appartenait et était gérée par mes grands-parents puis par mon père, selon un modèle d’agriculture conventionnelle, d’abord en polyculture-élevage de bovins et porcs, puis de porcs uniquement. De mon côté, j’ai toujours travaillé en tant que salarié agricole. Lorsque j’ai repris la ferme familiale en 2018, je l’ai convertie en agriculture biologique. Depuis l’année dernière nous y travaillons tous les deux avec ma compagne Cécilia.

 

Peux-tu nous présenter ta ferme et ton travail ?
J’ai commencé en tant que naisseur-engraisseur, et depuis 1 an et demi je me consacre uniquement à l’engraissage de 250 cochons par an. Je dispose de 40 hectares de surface agricole utile sur lesquels je cultive :
- 20 ha de céréales (blé et orge) et protéagineux (pois) ce qui me permet d’être 100 % autonome pour nourrir les animaux.
- 15 ha de prairies sur lesquelles pâturent les vaches d’un collègue, ce qui permet de réaliser une rotation des cultures.
- 5 ha destinés à la culture du blé noir pour la consommation humaine.
À la ferme, nous faisons aussi un travail de revalorisation de déchets en circuit-court, puisque nous récupérons des céréales provenant de chez Biobleud (producteur de pâtes à tartes bio à Ploudaniel) et de la boulangerie bio Le Signor (située à Saint-Thonan), pour les donner à manger aux cochons qui opèrent alors leur rôle de recycleur.
Nos porcs sont envoyés à l’abattoir de Lesneven chaque semaine. Ils partent ensuite chez un boucher façonnier, certifié en bio via l’intermédiaire de l’éleveur, qui va chercher la viande, la découpe et la transforme pour que nous puissions la commercialiser. Je participe à la transformation de la carcasse en charcuterie : jambon blanc, saucisses, pâté de campagne, bacon, ... que je vends en direct sur les marchés et dans les magasins de producteurs/spécialisés en bio, sous-vide au rayon frais libre-service.


Peux-tu nous en dire plus sur la conversion de la ferme en bio ?
Le défi était de réduire la ferme à la bonne dimension, car les outils utilisés et la taille des élevages en conventionnel sont plus importants. Il a fallu refaire les bâtiments et trouver la bonne formule entre le travail, les revenus et les investissements pour s’assurer de notre viabilité économique. Le fait de passer en bio n’est pas plus compliqué qu’autre chose, mais il faut bien s’y prendre et faire les bons choix. Disposant d’un parcours officiel en agriculture, j’ai aussi pu bénéficier d’une aide à l’installation.

 

Pourquoi as-tu fait ce choix ?
Par conviction. Après avoir lu sur les méfaits de l’agro-industrie, notamment de l’élevage intensif de porcs et bovins, il était pour moi hors de question de continuer dans ce type de production. J’ai vécu sur la ferme quand elle n’était pas en bio et je n’étais pas d’accord avec le traitement des animaux. J’aspirais à des méthodes plus respectueuses du bien-être animal. En bio, par exemple, les animaux ont accès à un parcours extérieur.
La question environnementale constitue une autre raison de ce choix. La meilleure solution pour résoudre le problème des marées d’algues vertes nocives pour la santé et l’environnement que nous connaissons en Bretagne, est d’arrêter d’émettre du nitrate et de l’azote. Contrairement au modèle d’élevage conventionnel intensif, les méthodes d’élevage biologique le permettent.
La bio est aussi intéressante car c’est un laboratoire pour l’agriculture de demain, qui apporte des solutions pour se passer des produits chimiques phytosanitaires. À la place, nous appliquons des mesures préventives mécaniques comme la rotation des cultures, mais aussi le fauchage ou encore le recours à une densité de semis dans le sol pour prévenir l’apparition de ravageurs (insectes, maladies ou « mauvaises herbes »).
C’est aussi une agriculture dans laquelle les clients nous soutiennent par leur acte d’achat. En travaillant de manière vertueuse, l’offre des producteurs donne du sens à cet acte. En consommant bio ET local, vous œuvrez pour une agriculture plus durable, basée sur le respect de l’humain, de l’animal, et de notre environnement naturel.

 

Retrouvez les actualités de la ferme ici !

 

© Cédric Barbeyron

 

Cette interview a été réalisée dans le cadre de la campagne « Manger bio et local, c’est l’idéal » organisée par le réseau FNAB, du 15 au 24 septembre 2023.

 

 

 

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