Canicule - Production en souffrance

Canicule - Production en souffrance

Canicule - Production en souffrance

Les conséquences de la sécheresse sont déjà catastrophiques pour les producteurs. Les cultures actuelles souffrent (légumes trop petits, déformés ou attaqués par les chenilles) et les plantations futures peinent à s'installer. Acheter des légumes bio et locaux est plus que jamais un geste de solidarité envers des producteurs durement touchés. Les effets du réchauffement climatique sont désormais bien visibles dans nos champs : certains légumes meurent sous l'effet de la chaleur et des nuisibles, tandis que les paysans s'inquiètent pour les récoltes à venir. Dans le nord-Finistère, les températures restent de deux à trois degrés inférieures à celles du sud, un écart qui fait souvent toute la différence pour préserver les cultures.

 

Une salade, normalement, c'est beau, c'est vert, c'est verdoyant. Les salades sont deux fois plus petites que d'habitude et frôlent le seuil de survie : quelques degrés de plus et une semaine de pluie en moins auraient suffi à les faire disparaître. Pour certains maraîchers, c'est le premier été où l'irrigation est devenue indispensable.

De nombreux légumes sont désormais invendables : trop petits, déformés ou abîmés. Les blettes et les choux kale durcissent sous l'effet de la chaleur, tandis que la sécheresse transforme progressivement les parcelles en étendues jaunies.

 

La chaleur favorise aussi la prolifération des nuisibles, comme les araignées rouges et les noctuelles, qui détruisent concombres et autres cultures sous serre. Si certains légumes résistent encore, les producteurs redoutent déjà les récoltes d'hiver : la sécheresse compromet les plantations de rutabagas, de carottes et d'autres légumes de saison.

 

"Quand il fera 50 °C, on n'aura plus moyen de se nourrir, tout cramera et on risque la famine. Et la seule solution que je vois, c'est d'arrêter d'émettre du CO2", remarque Olivier Danjean, producteur Bio à Plouguin . L'autre, qu'il glisse, c'est "la diversification". Avoir une ferme, qui produit de tout. "Comme ça, si quelque chose ne marche pas, ça marchera pour autre chose. C'est une certitude." Il encourage même ses clients à aller chercher leurs fruits et leurs légumes chez plusieurs maraîchers. "Il faut que tout le monde puisse vivre. Et plus on est nombreux, plus on a de chances pour que ça marche."

 

Les canicules laissent les paysans KO !


Dans les Deux-Sèvres, les malaises se multiplient chez les agriculteurs qui tentent de sauver leurs cultures sous des températures dépassant les 40 °C. Les canicules dégradent leur santé physique et mentale. Alexis, maraîcher à la ferme de l'Âne arrosé, raconte avoir retrouvé son collègue Valentin victime d'un malaise près des serres. « On parle surtout des pertes économiques, alors que des gens tombent », déplore-t-il.

Dans les champs, les serres et les étables, les épisodes de canicule épuisent les agriculteurs. Même si un répit est observé dans une partie du pays, les conséquences risquent de durer. Dans un sondage de la Confédération paysanne, un adhérent évoque un véritable « burn-out climatique ».


« Nous sommes dans la chaleur en permanence, sans répit », témoigne Amandine, éleveuse bovine. De son côté, Alexis explique que les températures sous les serres dépassent parfois les 50°C, rendant les conditions de travail particulièrement éprouvantes.Pour prévenir les accidents, chacun s'adapte : Amandine s'occupe de ses vaches dès l'aube et apporte du foin dans des prés désormais grillés, tandis qu'Alexis enchaîne les microsiestes et relance l'arrosage toutes les deux heures, parfois jusqu'à minuit, pour ne pas perdre ses cultures.

À La Roche-Maurice, Mickaël Pont, de la ferme Le Pépin et La Plume, dresse un constat tout aussi alarmant : depuis fin juin, près de 50 % de ses poules pondeuses sont mortes à cause des épisodes de canicule. Il s'inquiète d'un climat de plus en plus imprévisible, qui menace la production agricole et, à terme, notre souveraineté alimentaire.

 

Une raison de plus de soutenir la production locale et biologique !

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