Faute de soutien, l'agriculture bio recule

Faute de soutien, l'agriculture bio recule

Faute de soutien, l'agriculture bio recule

Entre baisse de la consommation, réduction des aides et difficultés économiques, la filière bio traverse une période de recul inédite en France.

 

Pendant de nombreuses années, l'agriculture biologique a connu un développement constant en France, portée par une demande croissante des consommateurs et par des politiques publiques encourageant la transition écologique. Mais depuis 2023, cette dynamique s'est inversée. Les surfaces cultivées en bio diminuent, les conversions d'exploitations sont moins nombreuses et certains agriculteurs choisissent même de revenir à une agriculture conventionnelle.


La première explication est économique. Avec l'inflation, de nombreux ménages ont réduit leurs achats de produits biologiques, souvent plus coûteux que les produits conventionnels. Cette baisse de la demande fragilise les producteurs, qui peinent à vendre leurs récoltes et voient leurs revenus diminuer.


À ces difficultés s'ajoute la question du soutien public. Plusieurs organisations professionnelles dénoncent une baisse des financements consacrés à la filière biologique et la réaffectation d'une partie des aides vers d'autres priorités agricoles. Elles estiment que ces décisions freinent les nouvelles conversions et mettent en difficulté les exploitations déjà engagées dans le bio.
Le débat s'est également cristallisé autour de l'Agence Bio, chargée de promouvoir et de développer l'agriculture biologique. Les discussions sur son financement et son avenir ont renforcé le sentiment d'un désengagement de l'État, même si le gouvernement affirme continuer à soutenir la filière.


De son côté, le ministère de l'Agriculture réfute toute volonté d'abandonner le bio. Il rappelle le maintien de plusieurs dispositifs d'aide, comme le crédit d'impôt pour les exploitations biologiques, le Fonds Avenir Bio ou encore certaines aides de la Politique agricole commune (PAC). Selon le gouvernement, ces mesures doivent permettre d'accompagner les agriculteurs malgré un contexte économique difficile.

 

Aujourd'hui, l'agriculture biologique se trouve à un tournant. Si elle demeure un pilier important de la transition écologique, elle doit faire face à une baisse de la consommation, à des coûts de production élevés et à un débat sur le niveau de soutien public nécessaire à son développement. Les prochains choix politiques et l'évolution de la demande des consommateurs seront déterminants pour l'avenir de la filière.

 

En 2026, la filière espère toutefois un nouveau souffle. Le gouvernement a annoncé le renforcement de plusieurs dispositifs de soutien, notamment le maintien du crédit d'impôt pour les exploitations biologiques, la revalorisation de certaines aides de la PAC (avec un écorégime porté à 110 €/ha pour les campagnes 2026 et 2027) et le lancement d'un programme spécifique pour la filière du lait bio. L'État a également augmenté les crédits destinés à la promotion des produits biologiques afin de relancer la consommation, avec l'objectif d'atteindre au moins 20 % de produits bio en restauration collective, conformément à la loi EGalim. Malgré ces annonces, les organisations de producteurs estiment que ces mesures devront produire des résultats concrets pour enrayer durablement le recul de la filière.

 

Sources: La France agricole / Reporterre / Franceinfo / Le monde / Ministère de l'agriculture

 

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