Le monde des engrais en ébullition

Le monde des engrais en ébullition

Le monde des engrais en ébullition

 

Le trio « NPK » ne désigne pas le dernier groupe de rap à la mode. Ces trois lettres sont les symboles chimiques renvoyant aux principaux fertilisants. 

Dans les grandes lignes, voici leurs portraits : 

 • N, l'azote, favorise principalement la croissance des feuilles.         

 •  P, le phosphore, va permettre aux racines de se développer.                  

 • K, c'est le potassium, qui stimule la mise à fruit. 


Les conflits en Ukraine puis dans le Golfe Persique ont remis sur le devant de la scène la dépendance de l'agriculture européenne à ces molécules de synthèse. C'est particulièrement vrai des engrais azotés, étant donné que le Qatar et l'Arabie Saoudite sont d'importants pays exportateurs de ces produits, notamment l'urée.

Toutes les chaînes logistiques sont à l'heure actuelle perturbées, et l'année 2026 sera touchée de diverses manières de façon certaine. Par  ricochet, c'est déjà de 2027 dont il est question, puisque selon les résultats des récoltes de 2026, et en lien avec les disponibilités des matières agricoles tout risque d'être remis en question (semences, stocks, surfaces travaillées...).  

Face à ces incertitudes, l'agriculture bio cherche à montrer la cohérence de ses pratiques. En rejetant l'utilisation d'engrais de synthèse, la bio se donne les moyens de limiter les conséquences des troubles géopolitiques mondiaux sur son fonctionnement. La bio n'est pas pour autant dans une bulle. En effet, face aux coûts des engrais qui ont explosé, on observe un report vers les engrais organiques (fumiers, effluents d'élevage...), ce qui fait augmenter les prix. Ce phénomène avait déjà été observé en 2022.
Pour pérenniser la solidité de la bio, deux axes se dessinent.  

D'une part, il est nécessaire de renforcer la mise en œuvre de techniques qui améliorent les sols sans créer de dépendance envers qui que ce soit. Ainsi, les semis de légumineuses sont préconisés, que ce soit des plantes bien connues telles la luzerne, ou d'autres qui connaissent un essor plus récent comme le lupin. 


D'autre part, des recherches sont en cours pour améliorer l'utilisation de ressources insoupçonnées. Ainsi, en France, les besoins pour la fertilisation en azote des ¾ du blé produit pourraient être assurés par une collecte rigoureusement organisée de... l'urine.   

Plus de 50 ans après les premières crises pétrolières, nous n'avons toujours pas d'or noir mais nous aves des idées !

(Source Ademe, FNAB, IRIS)
 

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