Dans le prolongement des États généraux de l’Alimentation de 2017, la loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire (dite loi « EGalim ») a été adoptée le 30 octobre 2018.
Les débats sur le sujet font apparaître trois groupes d'acteurs : les agriculteurs (producteurs) ; les transformateurs (entreprises du secteur agro-industriel) ; les distributeurs (supermarchés, enseignes spécialisées, etc).
La loi visait trois objectifs majeurs :
- Faire cesser la guerre des prix, qui est source de destruction de valeur et d’appauvrissement des producteurs.
- Rééquilibrer les relations entre l’amont et l’aval des filières afin de permettre une meilleure répartition de la valeur ajoutée.
- Développer une alimentation plus « saine » et « durable », « accessible à tous ». Il s'agit notamment de renforcer les filières durables en visant à ce que la restauration collective propose 50% d'ingrédients issus de production dites « de qualité » (label Rouge, label Bleu Blanc Cœur, etc), et 20% labellisés en agriculture bio.
Rapidement, les limites de la loi sont apparues, particulièrement dans sa capacité à réellement protéger les producteurs, ou encore à foncièrement infléchir le marché vers plus de qualité. Plusieurs textes se sont succédé pour tenter de pallier ces manques.
EGalim 2 (2021, loi dite « Climat et résilience ») se donne pour but de plus encore sécuriser les producteurs, en renforçant leur place centrale dans les contrats qu'ils signent avec les transformateurs et/ou distributeurs.
EGalim 3 (2023) insiste sur la transparence, les exigences et les contrôles. La restauration collective y est envisagée comme un levier pour accélérer la transition agro-écologique.
Au fil des années cependant, les constats sont convergents. Les objectifs initiaux sont partagés dans les discours, mais les actes ne suivent pas. Les logiques du marché perdurent, et les virages promis ne sont pas amorcés. Par exemple, la restauration collective peine à tendre vers les objectifs que lui assignent les textes.
Voici le dernier bilan en date, concernant les chiffres de 2024.
À l’échelle de la Bretagne, les cantines atteignent 30,1 % de produits durables et de qualité (27 % en 2023) dont 12,9 % de bio (12,5 % en 2023) ; la région est proche des chiffres nationaux (29,5% de produits durables et de qualité dont 11,8% de bio).
-EGalim 4 est un texte dont les contours restent à définir. Son ambition pourrait être de proposer un volet social, jusqu'alors peu considéré. Il s'agirait par exemple, au-delà des producteurs dont le sort n'a pas été amélioré, de se pencher aussi sur les consommateurs. Le législateur pense particulièrement à ceux dont les revenus sont faibles et qui tendent à privilégier les aliments ultra-transformés. Ce projet de texte, un temps évoqué en 2025, n'a pas résisté à l'instabilité politique.
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