Hexane, des tâches dans l'huile
Grâce à l'ouvrage du journaliste Guillaume Coudray, l'hexane a un peu été la star de la fin d'été !
Ce solvant désormais illustre est un dérivé de l'industrie pétrochimique. Il permet d'augmenter la part des huiles extraites à partir du produit brut (colza, tournesol...). Cette extraction très efficace a un prix : des traces du solvant restent prisonnières des huiles ainsi obtenues.
Ce sont là des procédés industriels que la charte AB ne permet pas. Cela est rassurant à plus d'un titre. En effet, au-delà des huiles, d'autres produits sont concernés. Les cosmétiques viennent bien sûr à l'esprit. De façon plus indirecte mais tout aussi majeure, les viandes sont touchées. Cela est lié à la consommation de tourteaux de soja par les animaux. Les tourteaux sont des sous-produits protéinés, obtenus après le pressage du végétal destiné... à la production d'huile. La boucle est ainsi bouclée. Malheureusement les résidus sont bien réels et le solvant est accumulé dans les organismes des animaux d'élevage ainsi que, en bout de chaîne, de ceux des consommateurs.
Il ne s'agit pas ici de se gargariser d'une quelconque supériorité de l'AB. Il est plutôt question d'interroger des modèles.
L'un est partie prenante du complexe agro-industriel et vise à optimiser tout ce qui peut l'être, au mépris des enjeux de santé publique. La toxicité de l'hexane est pourtant documentée depuis plus de 50 ans. C'est un neurotoxique doublé d'un reprotoxique. Les recherches actuelles portent sur sa capacité à être un perturbateur endocrinien.
Face à ce court-termisme (qui dure depuis des décennies), et devant cette fuite en avant du moins disant, il y a un autre modèle, la bio. C'est avec opiniâtreté, et là aussi depuis des décennies, que l'AB défend une vision du mieux disant. En AB l'obtention des huiles génère des sous-produits réutilisés par les animaux, pour qui ce sont de véritables compléments alimentaires sains. Ainsi donc l'huile n'est pas « perdue », mais va s'inscrire dans un mouvement plus large, plus global et plus complexe.
Voici un appel à l'approche des fêtes : détachons-nous de l'hexane, et rapprochons-nous de la bio ! Et pourquoi ne pas l'ajouter à la liste des bonnes résolutions pour 2026 ?
Pour en savoir plus, voici la référence de l'ouvrage de de Guillaume Coudray : De l’essence dans nos assiettes. Enquête sur un secret bien huilé (aux éditions La Découverte, septembre 2025, 304 p., 20,9 euros).
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